Homélie du fr. Guy Lespinay op, 5 mars 2000
La puissance de Jésus et son enseignement se manifestent depuis les premiers chapitres de l'Évangile de Marc, il suscite l'opposition. autour de lui. Certains de ses auditeurs ont le souci de la loi et l'enseignement de Jésus vient confronter et perturber la sécurité d'une religion établie et sur laquelle on peut compter. Cette religion a ses manières de voir les choses. Elle a ses règles, ses traditions, ses coutumes. C'est une religion liée à un passé où elle puise son identité. Gare à celui ou celle qui voudrait mettre en question ces usages. Ils sont bien établies et reconnues. Malgré cela Jésus bouleverse et déstabilise un système religieux bien en place. Il veut à tout prix faire le bien, Après s'être associé des gens qui n'ont aucune compétence religieuse et s'être fait d'eux des amis, ' après avoir enseigné dans la synagogue avec assurance. il guérit la belle-mère de Simon, puis un lépreux et ensuite de nombreux malades et démoniaques. ' La ville entière est rassemblée de quoi susciter la crainte des autorités. De quel droit peut-il guérir en pardonnant un paralysé à Carphanaüm. Il accueille les pécheurs sans se soucier d'un comportement désinvolte qui fait scandale. ' Il donne une nouvelle signification au jeûne. Et voilà que maintenant Jésus met en doute la loi du Sabbat et excuse ses disciples de leur conduite. N'y-a-t-il pas là assez pour exacerber des hommes de Dieu qui vouent leur vie à honorer et à observer ce que Dieu leur demande, et que leurs pères ont mis en pratique depuis plusieurs siècles ? C'est assez pour eux. Ils chercheront une solution. Déjà, Jésus avait opéré des guérisons après le coucher du Soleil. Il montrait ainsi que la compassion et la miséricorde sont des attitudes qui doivent dépasser toutes les lois et les principes d'une société, si religieux soient-ils. Les attitudes de Dieu envers les hommes sont bien différentes des nôtres. Et il le prouve par l'exercice de sa puissance dans l'espoir que les hommes comprendront que l'amour est la vraie loi et la seule conduisant au bonheur d'une société. Pour Jésus, les besoins de l'homme passent avant le légalisme juridique et religieux de nos institutions humaines, Pet à peu, nous voulons conserver nos rites et nos coutumes, En voulant trop les préserver, nous risquons de les durcir ci de se braquer pour les protéger. Les besoins de l'homme appellent une réponse de Dieu et l'exercice de son amour passe par nos mains. Même les démons prennent conscience qu'ils sont en présence du Christ et que Jésus proclame une espérance pour l'homme. Les Pharisiens, eux, refusent de voir en cette puissance une réponse à la souffrance de l'homme. L'obligation du sabbat est soumise à la loi de charité. Si l'homme doit travailler six jours, puis se reposer le septième jour, ' il n'est pas pour autant exempté d'aimer son frère. Lorsque l'homme a faim, il a droit de manger. Lorsque l'homme est malade, il est permis de lui faire du bien, Le Sabbat a été donné pour le bien de l'homme. Il n'a pas été institué pour créer une entrave à la satisfaction de besoins légitimes. Le Sabbat est un don de Dieu qui procure à l'homme un secours humain et spirituel. Dans cette optique, nous pouvons donc être à l'écoute de Jésus et nous mettre au service du prochain en tout temps Pour ce faire, il :ne faut pas durcir nos choix religieux. Ils pourraient être une excuse facile nous épargnant d'aide notre frère dans le besoin, Nos croyances, nos rites, nos symboles, si légitimes qu'ils soient, ne devraient pas être ai centre de nos préoccupations dans l'exercice du culte et l'observance de la loi. Ils ne doivent pas nous conduire à 1; fermeture du coeur, à l'égocentrisme, à l'isolement par rapport à autrui. Jésus nous enseigne que le Sabbat ne devrait pas être un lieu où seule la louange du Père et le culte prend d~ l'importance. Il nous dit que les oeuvres d'amour et de miséricorde y ont leur juste place. " Ce qui est permis le jour du Sabbat, est-ce de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver un être vivant ou de le tuer ? " demande-t-il à se auditeurs. Il donne lui-même la réponse à la question : il guérit le paralysé. Sommes-nous prêts à faire du dimanche une journée consacrée à honorer Dieu dans la louange eucharistique, partager en famille la joie d'être ensemble et à vivre une communion en compagnie de nos amis et de nos frères sans oublier le service des pauvres et des malades 9 Quelle belle occasion s'offre à nous chaque dimanche d travailler au règne de Dieu dans les coeurs avant et après le coucher du soleil.
