Réputée parfois plus simple que toutes les homélies (surtout dominicaines) l'Evangile est en fait un casse tête chinois à vous faire perdre votre latin. En l'occurrence à vous faire perdre de vue pourquoi nous appartenons à l'Eglise, pourquoi sommes nous dans cette église ? " Qui n'est pas contre nous est pour nous " " Celui qui donne un verre d'eau à son frère recevra sa récompense ". Autrement dit mes frères dormez tranquilles. Qu'avons-nous besoin de parler de la Foi, de la foi catholique quand il suffit de faire le bien pour obtenir le bonheur éternel ?


Et pourtant…" Qui vous accueille, m'accueille, qui vous rejette me rejette ! " " Qui n'est pas avec moi est contre moi, qui n'amasse pas avec moi dissipe ! ". " Si tu crois dans ton cœur que Jésus est Seigneur alors tu seras sauvé ". Que faut-il croire : l'Evangile d'aujourd'hui ou celui de demain ? Une religion à la carte suggéré ce soir, ou le catholicisme de citadelle, honneur et orgueil des purs, des vrais comme nous ? Aucun des deux ou plutôt les deux car la contradiction n'est qu'apparente.
Josué, lui est désolé ! L'Esprit du Seigneur s'est répandu en dehors des structures officielles " Moïse mon maître arrête-les, arrête ces prophètes de nations païennes ". " Serais tu jaloux pour moi ? lui répondit Moïse. Ah ! si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! " Moïse, mon père, réjouis toi, le Seigneur a répondu à ta prière, le Christ a rendu son dernier soupir, et dans son grand amour il a remis l'Esprit. L'Esprit, frères et sœurs, réalité intérieure, invisible, libre. L'Esprit qui souffle où il veut, quand il veut, en qui il veut. Et tout homme qui fait le bien, qui dit la vérité de son cœur, agit sous cette unique Esprit, expiré sur la croix.
Cet Esprit est donc l'Esprit de Jésus. A force d'habiter le cœur de l'homme il ne peut conduire qu'à Jésus de telle sorte qu' accueillir un de ces petits qui sont ces frères c'est accueillir Jésus, et dans le même temps refuser Jésus c'est contrister l'Esprit. Car la plénitude de tout amour, de tout bien, de toute vérité est en Jésus. Et si le bien conduit au Bien, refuser l'Amour, c'est condamner tous les petits. " Si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui de se voir passer autour du cou une des ces meules que tournent les ânes et être jeté à la mer." Bref, " Qui vous rejette me rejette ". Message reçu !

Mais, deuxième question, pourquoi donc faut-il une Eglise, une communauté aux contours limités, aux vérités définies et incisives, aux pratiques étroites parce que réglementées ? Réponse : la musique ! D'où vient cette beauté, sensible et délicate, sinon de régles artihmétiques, appui de l'harmonie. D'où vient cette mélodie, planant dans les airs, libre, sinon d'un travail rude, long et exigent rendant la voix terreuse aussi pure que celle de l'ange. L'amour comme la musique s'apprend, elle a besoin de commandements d'une part; et d'autre part l'amour comme la musique est né d'un don. Le don d'un autre. Ainsi, l'amour entre un homme et une femme, entre nous, entre les peuples a besoin de Jésus. De son Esprit d'une part, qui nous change de l'intérieur, et de ses commandements, d'autre part qui nous change de l'extérieur. L'amour entre les peuples, entre nous, entre un homme et une femme a besoin de Dieu, de Dieu se faisant voir et se faisant entendre. Or qu'est-ce que l'Eglise, sinon l'Emmanuel, Dieu avec nous ? Qu'est-ce que l'Eglise sinon Jésus, son corps Mystique ! Qu'est-ce que l'Eglise sinon cette communauté d'hommes et de femmes, nés de l'Esprit du Christ, qui cherche à lui appartenir, et le rendre visible ? Qu'est-ce que l'Eglise sinon cette communauté de femmes et d'hommes qui veut donner Jésus au monde. Voilà notre mission, voilà pourquoi nous sommes ici ! Que tout bonté, que tout amour trouve son accomplissement, sa perfection, c'est à a dire sa vérité !


Conclusion : Oui il y a des saints dehors ! Oui il y a des martyrs en dehors des limites visibles de l'Eglise. Mais oui il y a aussi des prêtres, des chrétiens qui offrent ce soir lors de cette messe Jésus au monde. " Voici ce sang versé pour la multitude ". Il y a des prêtres, il y a des chrétiens qui ce soir vont communier parce qu'ils veulent être transformés par le Christ pour le rendre présent à tous. Il y a ce soir un prêtre, un frère, des chrétiens qui veulent préférer le Christ, quitte à donner un œil, une main, quelques minutes de leur loisir pour communiquer l'Esprit qui vient du Christ.
Charles de Foucauld, le petit frère universel, perdu en terre musulmane, écrivait en ce sens: " Pratiquer l'adoration du saint Sacrement exposé, et sanctifier les populations infidèles en portant au milieu d'elles Jésus, présent dans le très saint Sacrement, comme Marie sanctifia la maison de Jean Baptiste en y portant Jésus. " " C'est l'évangélisation non par la parole, mais par la présence du très saint sacrement, l'offrande du saint sacrifice, la prière, la pénitence, la pratique des vertus évangéliques, la charité (une charité fraternelle et universelle partageant jusqu'à la dernière bouchée de pain (…) recevant tout humain comme un frère bien aimé. "

POUR OU CONTRE L'EGLISE ?

Frère Paul Marie Cathelinais op