Soyez
toujours dans la joie, nous dit s. Paul ! Oui, frères et soeurs, chers
enfants, ce dimanche à quelques jours de Noël nous invite à
la joie. Cette nouvelle étape dans l'attente du Messie est un grand motif
de joie. Joie qui vient du désir
qui va bientôt être
comblé. Joie de la jeune maman qui va bientôt accoucher. Comme le
coeur des enfants qui est à la joie lorsqu'ils décorent la crèche
au centre de la maison, quand ils accrochent des guirlandes au sapin, aux lampes,
aux murs de la maison. Les préparatifs sont toujours un peu de la fête,
parce que la joie de l'événement attendu est comme déjà
présente au coeur de ceux qui s'y préparent.
Oui, frères
et soeurs, soyons joyeux ! Car le Seigneur vient. Il est tout proche, il arrive...
Et puisque c'est lui le Messie, celui qui vient pour nous sauver, nous l'attendons
avec impatience et sa proximité nous met déjà dans la joie.
Mais
cette joie n'est pas une joie ordinaire. Rien à voir avec la joie factice
des réveillons païens, des fêtes qui laissent un goût
d'amertume, de gaspillage et de temps perdu, une fois les lumières éteintes.
Cette joie déçoit parce que c'est une joie qu'on se donne à
soi-même. Une joie en fait qu'on a recherchée pour se faire plaisir.
La
joie du temps de l'Avent est tout autre. Il s'agit de la joie du Salut ! D'une
joie qui ne vient pas de ce monde mais qui vient du Ciel. Une joie qu'on ne peut
pas s'inventer puisqu'elle vient de Dieu lui-même. Une joie qui surpasse
nos efforts et nos mérites, parce que, tout simplement, elle nous est donnée
par Dieu, par sa grâce, par sa miséricorde ! Joie divine donc : Dieu
lui-même vient à nous et se fait notre joie !
Et nous en avons
besoin de cette joie d'être sauvé, nous qui étions perdus.
Parfois découragés par une vie sans issue, accablés par une
vie de souffrances, désemparés par des problèmes insolubles,
brisés par des échecs du coeur comme de la raison. Perdus par le
mal que l'on subit. Perdus, surtout, par le mal qu'on a commis.
Alors pour
nous préparer, dans la joie, à ce grand avènement du Salut
pour chacun d'entre nous, l'Eglise nous invite à regarder la figure de
Jean le Baptiste. Comme disent les journalistes, Jean Baptiste : sa vie, son uvre.
Tout
d'abord sa vie. Elle précède et ressemble tellement à la
vie de Jésus qu'on appelle Jean baptiste, le Précurseur.
En effet,
tous deux, Jésus et lui, vont avoir une naissance miraculeuse. Vous vous
souvenez : Zacharie et Elisabeth, cousins de la Vierge Marie, n'avaient pas pu
avoir d'enfant malgré leur prière. L'ange Gabriel annoncera à
Zacharie la bonne nouvelle de cette naissance inespérée. Cette bonne
nouvelle sera même le gage de confiance qui fera dire " oui "
à Marie, son fiat qui bouleversera l'histoire du monde !
Puis le jour
de la Visitation. Encore tout petit, caché dans le sein de sa mère,
Jean Baptiste tressaille de joie en présence de Jésus. Lien intime
et privilégié qui existe déjà entre les deux cousins.
Comme
Jésus, il ira au désert pour se préparer à sa mission.
A la suite de quoi il se met à prêcher et invite le peuple à
se convertir.
Comme Jésus, il sera arrêté, puis condamné
à mort pour avoir été jusqu'au bout de sa mission. Il meurt
martyr de la vérité.
Enfin son uvre. Jean le Baptiste se
manifeste comme un vrai prophète. Mais qu'est-ce qu'un prophète
?
Le prophète est celui qui parle au nom du Seigneur parce que sa parole
est inspirée par Dieu. On pourrait dire le porte-parole du Verbe. Et comme
généralement il parle avec force et audace, on pourrait définir
le prophète comme le haut-parleur de Dieu : il annonce la venue du Messie
et exhorte à la pénitence pour s'y préparer.
A n'en pas
douter Jean est bien un prophète de cette lignée mais il est à
part. " Prophète du Très-Haut ", le " plus grand
des prophètes ", il dépasse tous ces prédécesseurs.
Il en est le dernier et c'est lui qui inaugure et introduit à la bonne
nouvelle de l'Evangile.
Sa prédication intrigue les autorités
religieuses de l'époque qui dépêche une commission d'enquête
auprès de lui. " Qui es-tu ? " On s'interroge d'abord sur son
identité, sur sa personne. Alors Jean Baptiste dit de lui-même :
" Je ne suis pas le Messie. Je suis la voix qui crie dans le désert
: aplanissez les chemins du Seigneur ! "
C'est tout simple, mais il nous
faut bien l'entendre : " préparer les chemins du Seigneur " est
un appel à la conversion, à la pénitence et surtout à
la joie du pardon. Il ne s'agit pas d'attendre un autre Messie. Mais bien de puiser
à nouveau à la Source de notre baptême. A l'époque,
Jean proposait un rite de purification et de repentance et préparait ainsi
au vrai baptême dans l'Esprit Saint qui devait venir. Nous qui sommes enfant
de Dieu, il nous faut restaurer, vivifier ce don, pour nous approcher du Messie
de la crèche avec un coeur purifié, restauré, sanctifié.
Nous passerions tous à côté de la joie de Noël, si nous
ne connaissions ces jours-ci la joie d'être pardonné par le Christ.
Vous voyez, de cette joie d'enfant au sortir du confessionnal !
Mais ce n'est
pas tout : aujourd'hui Jean Baptiste nous invite à devenir nous-mêmes,
à notre tour, des précurseurs. De ceux qui, par leur vie, annoncent
Celui qui doit venir dans le coeur de tout homme.
Si nous tenons du Baptiste
la certitude que Jésus est le Messie, ce sera grâce à nous
que nos contemporains connaîtront enfin le vrai visage du Sauveur. Audace
et certitude de foi, il en faut certes ; mais aussi grande humilité. Ce
qui faisait dire à saint Jean : " Au milieu de vous se tient celui
que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi. Mais je
ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales ".
Audace
et humilité sont les deux attitudes du précurseur qui pourraient
être deux attitudes spirituelles à cultiver en ce temps d'Avent.
C'est sûr, saint Jean Baptiste à sa manière nous introduit
à la vraie joie :
- il confesse Jésus comme son maître,
et nous invite à la joie d'être " l'ami de l'époux "
-
il s'efface devant Dieu qui vient, et nous enseigne la vraie pénitence
qui rend la joie
- enfin il reste fidèle à la Vérité,
et nous pousse à ne jamais trahir notre appartenance au Christ et à
son Eglise !
Si la vie de Jean a tellement ressemblé à celle
de Jésus, que cette Eucharistie maintenant nous configure à Jésus
! Nous serons alors prêts pour accueillir notre Joie éternelle. Amen
!
LA
JOIE
DES PREPARATIFS
Troisième dimanche
de l'Avent (B)
Fr.
A.-M. BERTHAUD op.
11 décembre 2005
