Trois critères
de validité vont donner aux disciples confiance dans la prédication
de JB, pour aller au Christ.
Tout d'abord, sa mission se déroule dans
un climat d'humilité.
Pour lui, aujourd'hui, c'est terminé! Il
reste là!
Pour Jésus tout commence, il passe et il entraîne!
Pour
Jean Baptiste, sa mission s'achève et son martyre sera le sceau qui l'authentifie.
Pour
les disciples de l'un qui deviennent les disciples de l'autre, rien n'est acquis
car ils ne connaissent pas encore le Christ.
Jean Baptiste ne s'est attaché
André et Jean -puisque c'est d'eux qu'il s'agit- que pour mieux les orienter
vers le Christ. Bien qu'il soit le dernier et le plus grand des Prophètes,
c'est du Christ qu'il a annoncé la venue. Quand Jean Baptiste a identifié
le Christ, il se retire et lui remet le fruit de sa prédication. C'est
l'attitude qui est requise de tout bon témoin: vos enfants ne sont pas
vos enfants; vos catéchumènes ne sont pas vos catéchumènes;
vos élèves ne sont pas vos élèves.
Le
deuxième critère d'authenticité de la mission est le climat
de liberté dans lequel elle se déroule.
Cette liberté
découle de l'humilité. A plusieurs reprises -ici pour la deuxième
fois- Jean Baptiste annonce de Jésus qu'il est l'Agneau de Dieu. Cette
insistance a une valeur déclarative et incitative forte, mais elle n'oblige
pas. La liberté de Jean Baptiste s'est enracinée dans celle du Christ
au jour de la Visitation.
La liberté souveraine de Dieu s'adresse à
la liberté souveraine de l'homme. Alors Jésus se retourne vers ses
deux premiers disciples.
Et il leur fait face, et il les interroge : "
Que Cherchez-vous ? "
Vous devinez, frères et surs, que Jésus
n'a pas besoin de savoir ce qu'ils cherchent, car il le sait déjà;
mais c'est eux qui ne le savent pas. Cette question est pour eux, car en répondant,
elle les oblige à découvrir le fond de leur cur; elle leur
révèle à eux-mêmes le désir profond de leur
âme qui est la soif de Dieu. Jésus les éveille à leur
désir. Seule la liberté qui bannit toute crainte peut permettre
cela.
Jusque là ils ne connaissaient pas le Christ; mais ils avaient
entendu parler de lui. Comme ils avaient confiance en JB, ils croyaient que Jésus
était l'Agneau de Dieu, le Messie, le Maître de vie. Mais c'est une
connaissance par ouï-dire, par intermédiaire; la foi au Christ, c'est
plus que cela; c'est une connaissance personnelle et intime. C'est pour cela que
André et Jean demandent à Jésus: "Où demeures-tu?"
S'approcher de lui, vivre auprès de lui, en lui, c'est découvrir
son cur profond, fait d'obéissance au Père et de zèle
pour sa maison, et en témoigner. Voilà ce qui fait le disciple.
Le
disciple avant de témoigner doit d'abord écouter, sinon c'est lui
qu'il annonce; il doit écouter comme Marie de Béthanie, aux pieds
de son Maître ; comme Jean l'évangéliste à la Cène,
prés de lui, et au Golgotha, au pied de la Croix.
" Venez et voyez. "Souveraine liberté du Christ; Jésus nous prend au sérieux. Si nous ne nous avançons pas ainsi on ne peut se dire son disciple. Un peu comme celui qui croit aux vertus de l'amour mais qui ne s'y essaie jamais. Ne serait-ce pas d'ailleurs une des maladies de notre temps?
Enfin
troisième critère de confiance : le climat de vérité
dans lequel se déroule la prédication de JB.
C'est l'annonce
de la vérité. Il y a des vérités qui ne trompent pas
car en elles on se reconnaît. "La Vérité vous rendra
libre", elle nous libère. La liberté est fille de la Vérité.
Si ce qui est annoncé emprisonne et ligote, alors la vérité
n'est pas là. C'est la liberté enracinée dans celle du Christ
qui sera le critère de la vérité.
Aujourd'hui le Christ
se retourne vers vous et vous pose la même question qu'à André
et Jean :
" QUE CHERCHEZ-VOUS ? "
" QUE CHERCHEZ-VOUS ? "
Homélie
du fr. Pierre-Alain MALPHETTES o.p.
dimanche
15 janvier 2006 (Jean 1, 35-42)

