Ils
sont restés ensembre
Fr. Pierre-Alain Malphettes op
27 avril
2003, 2° dimanche de Pâques, Jn 20, 19-31
" S'ils sont restés ensemble, je n'ai aucune inquiétude pour eux "
Voilà ce que répondait à qui l'interrogeait, il y a quelques années, à pareille époque l'Abbé Général des Cisterciens sur le sort des moines de Tibbirhine, dont on était sans nouvelles.
" S'ils sont restés ensemble, je n'ai aucune inquiétude pour eux ". Séparés les uns des autres, leur foi aurait pu vaciller ; ensemble , ils se sont encouragés mutuellement dans la fidélité au Dieu vivant. La foi redouble de force d'être témoignée ensemble.
Peut-être, ici, avons-nous le récit de l'Évangile qui illustre le mieux le lien nécessaire qu'il y a entre : Confession personnelle de la foi au Christ ressuscité et Église
Pouvait-il en être autrement ?
- Jésus avait pris son
dernier repas avec eux, dernier repas au cours duquel il avait institué l'Eucharistie
- Il leur avait lavé les pieds
- Il les avait longuement enseigné
-
Il les avait laissé désemparés
Ce qu'ils sont toujours dans ce récit.
Vous avez remarqué que Thomas a été appelé par les autres disciples " Nous avons vu le Seigneur " La foi est toujours une rencontre personnelle, une expérience qui engage la personne, la responsabilité de la personne.
On ne confesse pas sa foi par personne interposée. Mais on n'est pas seul Ce sont les autres qui vous y appellent.
Ici, dans notre récit, ce sont les autres disciples qui ont appelé Thomas.
Eux, ont reconnu le Christ à ses plaies, " Il est vivant " Pour Thomas, Jésus n'est encore qu'un homme mort. Mais, pourtant, une espérance se lève en son cœur :
Appel
adressé :
- Comme hier après-midi, par la communauté paroissiale du Sacré-Cœur
- Dans la rue Sainte Catherine -
A ceux qui ne le connaissent pas,
Qui ne connaissent de Jésus-Christ, qu'une belle histoire, que ce que les médias en disent, que la trace qu'il a laissé dans les arts, mais pour lesquels il n'est qu'un homme suspendu au gibet. La reconnaissance de sa présence vivante ne peut se faire qu'en Église. Foi personnelle, oui ! individualiste, non ! Nous sommes les membres du corps du Christ ressuscité
Peut-être l'Évangile qui illustre le mieux que c'est au cours du sacrifice pascal, du Christ actualisé, rendu présent, dans la grâce de l'Esprit, que l'homme est appelé à confesser sa foi. Jésus ne se manifeste pas à Thomas en privé, mais au milieu des autres. Et les deux manifestations se déroulent à huit jours d'intervalle. C'est donc dans l'assemblée dominicale -dont beaucoup s'affranchissent aujourd'hui- que nous sommes appelés, à reconnaître la présence du Christ ressuscité, avec ses plaies et à confesser sa Divinité: "Mon Seigneur et mon Dieu" C'est à plusieurs reprises que la liturgie dominicale nous y convoque :
- Ainsi lorsqu'on
proclame le " Je crois en Dieu " foi dans laquelle nous avons été immergés au
jour de notre baptême, foi qui grandit chaque fois que nous la proclamons.
- Ainsi au terme de la Prière Eucharistique : " Par Lui, avec Lui, et en Lui "
ponctué par un " Amen " qui doit sonner et non être chuchoté, comme on ne doit
pas chuchoter du bout des lèvres l'Amen lorsque nous recevons le corps du Christ
ressuscité. Tous les " Amen " sont des confessions de foi publiques.
- Tous
les " Amen " expriment le don de notre personne à Dieu. C'est en entendant le
roi Baudouin de Belgique prononcer le " oui " sacramentel au jour de son mariage,
qu'un violoniste juif doit de s'être converti au Christ. Cette confession de foi
dont la source jaillit du cœur de la liturgie eucharistique dominicale doit trouver
son aboutissement dans la vie quotidienne, dans le martyre de la vie quotidienne.
Thomas quittera Jérusalem après la Pentecôte, pour faire sonner son " Amen " en
évangélisant la Perse, puis l'Inde et mourir martyr,.en lien avec la manifestation
du Christ ressuscité qu'est la messe dominicale. Nous sommes appelés à faire sonner
notre " Amen " au Christ ressuscité avec ses plaies glorieuses, dans notre vie
quotidienne. Si nous restons unis au Christ, dans son Église, alors nous n'acons
pas à nous inquiéter.
Le témoignage personnel que nous sommes appelés à donner sera perçu comme témoignage ecclésial qui trouve sa source et son sommet dans la Mort et la Résurrection du Christ célébrée chaque semaine avec la même puissance qu'au premier jour. AMEN