"Dans
l'ordinaire de nos journées"
Fr. Jean-Gabriel Ranquet op
27 janvier 2002
Voici deux semaines que nous sommes entrés dans ce que la liturgie appelle "le temps ordinaire" et nous sommes encore sous le rayonnement de la NOËL. La crèche est encore là. En naissant à Bethléem, Jésus, Dieu en Personne vient vivre l'ordinaire de notre existence humaine. " En tout semblable à nous, sauf le péché" L'évangile de ce jour nous parle d'une étape importante accomplie par Jésus dans cette vie ordinaire : il quitte sa vie cachée à Nazareth et inaugure sa vie publique. Il appelle ses premiers apôtres : Pierre et son frère André, puis Jacques et son frère Jean, tous les quatre des hommes ordinaires quant à leur place dans la société : ce sont des pêcheurs du lac de Galilée. Aussitôt, ils laissent leurs filets, leur famille et suivent Jésus ; ils sont les tout premiers responsables de l'Eglise. Quelle est l'entreprise humaine à visée universelle et éternelle qui se serait lancée avec des cadres comme ces hommes-là ? Réponse : Dieu aime les moyens pauvres Israël, peuple de Dieu, était au début composé d'esclaves échappés d'Egypte ; pendant des siècles ce peuple de Dieu a vécu dans un petit territoire coincé entre deux grandes puissances : L'Assyrie et l'Egypte. Israël, moyen pauvre de Dieu En Israël surgit le Messie : Jésus qui naît dans une crèche et mourra sur une croix, entre deux bandits. L'humanité du Christ est un moyen pauvre. L'Israël nouveau, l'Eglise est un moyen pauvre de Dieu. Quand, au cours de son histoire, elle a voulu jouer à la riche, accumuler les avoirs et les pouvoirs temporels, elle a été beaucoup moins transparente, car avoirs et pouvoirs risquent fort de créer une épaisseur, une opacité, d'arrêter à soi. Or, l'importance de l'Eglise c'est sa transparence à Jésus-Christ. L'Eglise est une grande pauvre habitée, animée par l'Esprit Saint. Au Cénacle l'Esprit Saint a soufflé sur les tout premiers disciples du Christ et les a projetés en plein monde pour y annoncer la Bonne Nouvelle.
Nous tous, chrétiens, veillons, dans l'ordinaire de notre vie, à ouvrir notre pauvreté au souffle de l'Esprit. Comment ? Par la lecture de sa Parole, qui nous est adressée ici et maintenant ; par les Sacrements : dans quelques minutes ce morceau de pain, ces gouttes de vin (des réalités ordinaires) seront Corps et Sang du Christ qui alimenteront notre vie quotidienne. Soulignons aussi l'importance de la prière, personnelle et collective, qui nous branche sur Dieu, qui nous rend présents à sa Présence. Ainsi le courant passe, l'amour de charité, insufflé par l'Esprit Saint, palpite en nos actes les plus ordinaires, en particulier dans nos relations avec nos prochains. Oui, accueillons l'Esprit Saint tout au long de notre vie ordinaire et, dans le creux même de notre pauvreté, nous serons des paraboles vivantes du Royaume de Dieu Notre monde en a tellement besoin !