Fr.
Jean-Pierre Arfeuil op
"Mes brebis écoutent ma voix : moi, je les connais, et elles me
suivent
4 ° dimanche de Pâques, 6 mai 2001
Jésus disait aux Juifs : " Je suis le bon Pasteur " et Jean, le prophète de l'Apocalypse lui fait écho : " L'Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur Pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de vie. " Si Jésus est le bon Pasteur, c'est parce qu'il est d'abord l'Agneau, le Serviteur de Dieu qui écoute le Père et se fait obéissant jusqu'à la mort et la mort de la Croix, donnant sa vie et s'offrant en sacrifice pour le salut du monde. Ce sont ses attitudes, ce sont ses sentiments qui ont été les siens qui doivent être les nôtres si nous sommes les agneaux, les brebis de son troupeau dans l'écoute de l'obéissance. " Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. " En ce " dimanche des vocations ", ces mots de Jésus ont une résonance particulière parce qu'ils évoquent trois éléments fondamentaux de la relation établie entre le Christ et chacun de nous : l'intimité de sa connaissance, l'écoute de sa voix, la marche à sa suite. Chacun et chacun, le Christ nous connaît personnellement, intimement. Il connaît notre richesse et nos pauvretés, nos limites et nos capacités, nos blessures, nos fragilités, mais aussi la puissance de sa grâce qui féconde, transfigure et vivifie, qui transforme nos coeurs de pierre en coeurs de chair, qui des cailloux que nous sommes fait naître des enfants à Abraham. Il nous connaît plus et mieux que nous ne nous connaissons, parce qu'il connaît en nous l'enfant de Dieu que nous sommes déjà et que nous sommes appelés à devenir. Du plus intime de nous-mêmes, il nous connaît donc et il nous parle. Il nous parle quand nous entendons, quand nous lisons, quand nous méditons la Parole de Dieu et l'Histoire du salut. Il nous parle dans la vie de l'Eglise et du monde, dans les événements de notre vie, nos rencontres avec tous ces prochains que croise notre route. Il ne parle pas en général, même quand il parle à un groupe : il s'adresse à chacun dans la singularité de sa personne et de son histoire. Et, si du moins nous ne nous fermons pas à cette parole, il y a quelque chose en nous qui l'entend et qui est l'effet de sa grâce : " Mes brebis entendent ma voix. " Cette voix qui nous dit l'amour de Dieu et sa miséricorde; cette voix qui nous console et nous fortifie : cette voix qui nous appelle. Car il nous appelle tous et toujours : " Viens, suis moi. " Ecoute, c'est peut-être toi que j'appelle ! Cette voix nous appelle à marcher sa suite, non pas comme un troupeau anonyme et imbécile, mais comme des personnes singulières et libres, qui s'engagent sur un chemin qui est à la fois unique comme est unique le Pasteur et aussi divers que sont divers les disciples qui le suivent, comme est unique le Corps du Christ et divers en sont les membres. C'est une question qui nous est posée à chacun : est-ce que écoutons sa voix, est-ce que nous entendons son appel, est-ce que nous cherchons à répondre à notre vocation chrétienne, est-ce là notre premier souci ? Non pas le seul, mais le premier ! C'est vrai pour nous tous, dont la vie est déjà engagée : laïcs, dans la vie familiale, la vie professionnelle, l'action dans la cité ; religieuses, religieux, prêtres dans le témoignage de la vie évangélique et le ministère dans l'Eglise. Occasion pour nous de nous interroger sur notre fidélité à cet appel du Christ, et peut-être pour reprendre la route et redresser la barre. C'est vrai pour les enfants et les jeunes : que vais-je faire de ma vie ? qu'est-ce qui compte dans mes choix d'avenir ? est-ce que je ne laisse pas étouffer par d'autres séductions mondaines la voix du Christ qui m'appelle et me demande de le suivre ? Est-ce que mon premier souci est celui de ma vie chrétienne et de ma réponse personnelle à l'appel du Christ ? Est-ce que je ne me ferme pas à cet appel spécial par lequel le Christ invite à le suivre d'une manière particulière comme prêtre, religieux ou religieuse ? Ma vocation chrétienne ne serait-elle pas celle-là ? L'Eglise est en grand besoin, sa mission d'évangélisation et de sanctification dans le monde et sa vie sont compromises si trop de jeunes refusent d'entendre cet appel et d'y répondre généreusement et joyeusement. Hier, un prêtre me téléphonait : le curé d'une paroisse de Bordeaux est obligé pour raison de santé de quitter sa charge ; il ne sera pas remplacé ! C'est dur pour les paroissiens. " Viens et suis-moi. "