Les
pense-bêtes de la foi n° 7 Nombre de
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dimanche22 juin 2003 Fr. Gilbert Narcisse op  Vacances chrétiennes
1.
Y a-t-il des vacances NON chrétiennes ? Pour les non chrétiens,
la question est peut-être réglée. Pour les chrétiens, les choses sont
plus subtiles. Voici l'histoire d'une métamorphose en trois
mouvements : 1. La caricature : Des " vacances chrétiennes
" sont des vacances pieuses. Il s'agirait de passer ses vacances en prière, en
retraite dans un monastère, en grenouille de bénitier, loin des plages et des
montagnes. Le vacancier s'indigne vite : " on n'est pas des moines ! " (il est
vrai qu'une définition traditionnelle du moine, c'est d'être " en vacances… pour
Dieu "). 2. La critique : On se formule ces caricatures
pour ridiculiser l'idée même de " vacances chrétiennes " et s'affranchir ainsi
d'un mélange impossible : " Que les vacances soient des vacances pour tout, y
compris pour les devoirs religieux ! " ; " D'ailleurs, on a bien le droit de souffler
un peu ; la religion n'est pas une contrainte ! ". 3. Le
résultat : Sans formuler si carrément les choses, on se laisse gagner par
un farniente général (ou presque), la chaleur aidant, et les complicités mondaines
nombreuses . Pendant les vacances, on est " moins " chrétien ; parfois, on ne
l'est pas du tout. On s'autorise un temps d'exception ; une fête sans Dieu ; des
dimanches sans messe ; un " no God's land " touristique, à l'abri des anges en
flirtant avec les démons. Bref, tout estinversé : on a mis Dieu en vacances.
C'est l'ignoble métamorphose du vacancier. 2.
Y a-t-il des vacances VRAIMENT chrétiennes ? Oui. Les
vacances sont chrétiennes quand : 1. On est en vacances ; 2. et qu'on est chrétien
(aussi) en vacances. C'est simple. Etre chrétien, ce n'est pas seulement remplir
des devoirs en une période donnée. On est chrétien dans toute sa vie. On essaie
de l'être. D'ailleurs, il n'y a guère d'alternative. Pour le chrétien, ne pas
être chrétien ne peut s'effectuer que dans une seule réalité. La Bible la nomme
: péché. Mettre Dieu, le Christ, l'Eglise en vacances, revient à s'éloigner
de Dieu. C'est la définition même du péché. Par conséquent, les vacances sont
chrétiennes quand elles rapprochent de Dieu. C'est l'amour de charité. Pendant
les vacances, loin d'interrompre la fidélité, on découvre une autre manière d'aimer.
Ce n'est plus le quotidien du travail, de l'école, de la famille, des mêmes amis.
Il y a un changement qui permet soit de bifurquer hors de la foi et de loi, soit
d'aimer autrement. Envisager ses vacances comme un " itinéraire dans l'amour de
Dieu ", voilà des vacances chrétiennes, vraiment. 2. Concrètement,
que faire ? Dix commandements : 1.
La météo de la charité : avant tout, se reposer la question du " poids d'amour
" que comporteront ses vacances. C'est la programmation essentielle. Les vacances
risquent d'être un " monstre d'égoïsme " camoufler en détentes. Où est l'amour
de Dieu et du prochain dans mes vacances ? 2. Dieu dans
ses valises : refaire ses valises. Dieu s'y trouve-t-il ? Le plus commode,
c'est une petite Bible ; ou une vie de saint ; ou, pourquoi pas, un petit ouvrage
de théologie ; en tout cas ce petit Magnificat si complet. N'oublions pas non
plus ces signes qui aident à franchir l'invisible : son chapelet ; une petite
icône ; une croix. Tout se transporte. 3. Une route dans
la foi : la foi est mon lien avec Dieu. C'est Dieu dans mon cœur à tout moment
du voyage. Pas seulement cinq minutes dans les brumes du sommeil. Tout le temps.
Comme un fiancé porte sur son cœur la photo de sa fiancée et regarde toute chose
dans la mémoire de cette illumination secrète. 4. Fuir
les lieux sans Dieu : il y a des lieux maudits et pervers. Il faut avoir le
courage, oui le courage, de ne pas y aller. On refusera les soirées louches ou
peu sûres. Prendre le risque de pécher, c'est déjà pécher. C'est une règle pour
choisir ses amis de vacances. Ne pas se mettre dans des situations ambiguës, des
promiscuités malsaines, dans des " états seconds ", ces nombreuses idôlatries
du Démon, Père du mensonge. Disons-le franchement enfin : s'interdire
" d'aller en boîte ". C'est le minimum de cohérence et de témoignage qu'on est
en droit d'attendre d'un (jeune) chrétien. 5. Des moments
pour Dieu seul : les vacances sont comme un long dimanche, un étalement du
repos dominical et donc une anticipation du repos éternel. Alors, posons des actes
concrets : prière personnelle tous les jours ; entrons souvent dans une église
et pour visiter d'abord son habitant principal : le Saint Sacrement ; pèlerinage,
sur les pas d'un saint, et tout spécialement vers un lieu marial, car des vacances
sous le signe de la Vierge Marie sont toujours belles et sûres ; une retraite,
enfin, pour ressourcer en profondeur l'âme. Si! On a le temps. 6.
Ne pas manquer la messe : bas les masques ! Trop de prétextes pour " ne pas
avoir eu le temps " ce dimanche : les horaires de train, d'avion, les ballades
en montagnes, les pays sans église. Prétextes! Il est rare qu'on soit vraiment
" coincé ". Selon l'enseignement de l'Eglise, manquer la messe, alors qu'on aurait
pu faire autrement, est un péché grave. Il faut donc prévoir. 7.
Contempler : sans contact avec la beauté, on s'aigrit vite. Beauté de la nature
: " Dieu n'est que dans la campagne " disait un célèbre citadin athée. Beauté
dans l'art. Beauté inépuisable des êtres humains. Faire l'expérience de la splendeur
de ces rayons de Dieu. 8. Témoigner : Pourquoi pas
? En vacances, on ne se contente pas de " rester " chrétien. On le suscite chez
les autres. La valeur de l'exemple jusqu'au signe de contradiction. Quand un jeune
refuse " d'aller en boîte " à cause de sa foi et qu'il le dit à ses amis, il y
a là de la graine de sainteté. Aux adultes de ne pas trahir ce courage! 9.
Servir : Dieu s'est fait homme non pour être servi mais pour servir. La route
vers Dieu suit le même chemin. En vacances, on aime se faire servir. Parfois,
d'une manière tyrannique. Parce qu'on paye. Dieu ou l'Argent. Il est bon alors
de redevenir serviteur de son frère. Celui qui demande comment servir est un hypocrite.
10. Se réjouir : si les vacances sont une anticipation
du repos éternel, ce dimanche sans fin, elles seront joyeuses. Que de vacanciers
affairés rouges d'insatisfactions ! Le chrétien se réjouit de tout parce que sa
joie est d'abord en Dieu. Il se réjouit même des vacances des autres quand lui-même
reste au travail. La joie est le fruit précieux de vacances " réussies " selon
Dieu. Loin de l'idéal mondain d'une oisiveté paresseuse et déshumanisante (et
là on bronze toujours idiot), le chrétien secrète la joie comme Dieu donne sa
grâce, dans la vérité et la gratuité du don de soi. Au retour, mieux que les fières
photos de ses exploits touristiques, il livrera le témoignage d'un cœur plus joyeux
d'avoir pris Dieu en vacances. Retour
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