






Non aliam nisi Te, Domine
-Dis-moi
Thomas, que cherchais-tu au temps de ton enfance, toi le moinillon déposé par
tes parents chez les Bénédictins du Mont-Cassin, quand tu demandais à qui voulais
l'entendre : " Qui est Dieu ? " Pourquoi as-tu préféré les livres à la terre,
la turbulence des salles de classe à la paix du cloître, ces grands voyages sur
ton âne dans le froid et la neige, à la quiétude de bon couvent et au soleil de
l'Italie ? Qu'allais-tu faire en noir et blanc ? Que cherchais-tu chez ces pauvres
prêcheurs ?
-
Toi seul, Seigneur !
- Thomas, on t'a vu étudier auprès du Grand Albert, non seulement
les Augustin, les Damascène, les Jérôme, les Grégoire, les Denys, mais aussi ce
vieux païen d'Aristote. Qu'allais-tu faire chez quelqu'un d'aussi peu recommandable,
que cherchais-tu dans cette métaphysique, si pour toi "l'étude de la philosophie
ne consiste pas à savoir ce que les hommes ont pensé mais à découvrir la vérité
des choses"? (De Cælo, I, 22)
-
Toi seul, Seigneur !
- Thomas, regarde maintenant tous les siècles qui passent. Regarde
ton œuvre et sa féconde lumière. Tu as compris que l'œuvre de la vérité, si profondément
vissée dans ta vocation apostolique, naît de l'amour, d'un grand amour que bouleverse
une misère à sauver, la misère de l'intelligence. Là ou fut cette misère, là fut
ton cœur ; et donner la vérité fut ta miséricorde. Mais toi, qui as tout donné,
jusqu'à l'épuisement, où étais-tu pendant ce temps-là ? Jamais tu ne parles de
toi, jamais tu ne t'épanches, jamais ton œuvre ne trahit son ouvrier. Thomas,
que cherchais-tu dans toute ta théologie ?
-
Toi seul, Seigneur !
- Thomas, si tu crois que les hommes sont faits pour me connaître
tel que Je suis, et me voir un jour face à face, si donc tu crois que l'étude
conduit à Dieu, pourquoi as-tu abandonné ton ouvrage ? Un jour que tu me cherchais
dans le mystère de l'Eucharistie, je te suis apparu tout soudainement, souviens-t'en
; ce que tu as vu n'était qu'un pâle reflet de ma gloire, mais tu as méprisé tout
ton effort, le dispersant comme la paille au vent qui tourne, et tu as fermé tes
livres, quand tout le monde te suppliait d'achever. Thomas, t'ai-je dit, tu as
bien parlé de moi. Que veux-tu pour récompense ? Et tu m'as répondu :
-
Toi seul, Seigneur !
- Viens, Thomas, qui t'es détaché de tout ce qui n'est pas moi, qui m'as préféré à tout ce qui ne fait que conduire à moi. Viens, Thomas, mon serviteur fidèle, entre dans la joie de ton maître."
Homélie de frère Thierry-Dominique Humbrecht o.p.


De 20H30
à 21H30
Mardi ou Lundi.
Chants, confessions, méditations accompagnent l'adoration.